Comme dirait l’autre, “n’est pas mort ce qui à jamais dort”, etc, etc. (Non je n’ai pas lu Lovecraft, oui j’étale une culture qui n’est même pas la mienne, non je n’ai pas honte.) Ce blog ne l’est donc pas (mort), il est juste en hibernation. En attente du rayon de soleil qui percera définitivement cette grisaille ambiante (et déprimante, et tenace, en plus de ça). Et puis sa propriétaire tient à s’excuser platement, mais il y a des moments qui sont propices à l’écriture, et d’autres pas. Elle tient aussi à préciser que l’écriture s’apparente à une certaine forme de régurgitation, et qu’à force de régurgiter sans prendre le temps de rien ingurgiter, on finit, exsangue, par cracher de la bile. Noire. Acre. Froide. Sans substance. Et donc, sans intérêt. Pour le bien de tous et de chacun, décision a donc été prise de mettre entre parenthèses cette activité cérébralement éviscérante, au profit de quelques {jours ? semaines ? mois ?} de réapprovisionnement des stocks. Stocks d’idées, d’opinions, d’envies, d’expériences, tout ça tout ça. Pour avoir de nouveau des choses à dire, sans avoir l’impression de se presser les méninges comme un vieux citron desséché.
A part ça, donc, avant de poursuivre cette petite période de retraite (spirituelle ?), j’avais envie de vous entretenir de choses aussi pasionnantes et diverses que : pourquoi je ne mettrai pas de tailleur (et surtout pas vendredi prochain), pourquoi je ne m’inscrirai pas sur Facebook, ou encore pourquoi la gestion du travail en équipe constituera à jamais pour moi une épreuve insurmontable. Des questions diverses, disais-je. Mais le point commun saute aux yeux, non ?
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Donc au lendemain du premier jour, vint le second. Encore un départ dans la nuit froide de cette fin de janvier, encore une arrivée à la gare d’Angoulême, un peu moins fraîche et un peu moin dispose que la veille. Je succombe à la tentation de prendre la navette jusqu’au festival. Je suis pressée, la dédicace de Gipi est à 11h et je ne voudrais la manquer pour rien au monde. Je me précipite donc dans le premier bus qui vient, et qui bien sûr, n’est pas le bon. C’aurait été trop simple.
Je suis partie les mains dans les poches, en ayant simplement pris soin de noter les horaires de dédicaces de quelques uns de mes auteurs préférés, et d’emporter dans mon sac à dos leurs bandes dessinées respectives. Levée aux aurores (en fait même bien avant l’aurore), je pique un petit somme dans le TGV, et c’est fraîche et dispose (ou presque) que je débarque à la gare d’Angoulême, sans savoir où aller, ni comment, mais en comptant fermement sur le dispositif mis en place pour me l’apprendre. Je découvre en effet un chapiteau d’accueil et une navette gratuite conduisant directement au festival, déjà assaillie par une meute de festivaliers flemmards. Renseignements pris auprès d’une gentille organisatrice, je décide de me rendre à pieds sur les lieux et m’élance d’un pas guilleret vers le chemin balisé par moult étendards et panneaux de signalisation (pour se perdre, il faut vraiment le vouloir). Las. Le chemin n’est pas long, mais semé d’embûches ! C’est fou ce qu’il peut y avoir comme rues qui montent à Angoulême. Par contre, la communauté urbaine ne semble pas connaître l’existence des feux pour piétons ; j’ai dû en croiser deux, à tout casser. 


