Lectures

Je suis l’ombre de ce que nous avons été et nous existerons aussi longtemps qu’il y aura de la lumière

Dimanche 21 mars 2010

Je voulais parler du Jeu de la mort, cette expérience adaptée de l’expérience de Milgram. Pour ça, j’ai lu les journaux, le bouquin de Christophe Nick L’expérience extrême, le dossier de Philosophie Magazine, celui d’Arret sur images, relu l’article Wikipedia sur Milgram, j’ai regardé le documentaire, et le débat qui suivait, et encore lu des blogs, et puis finalement, non. Je n’ai rien à dire. Tout a été dit, tout et son contraire, des choses intelligentes, des contresens, des banalités sans nom, des inepties, et beaucoup de jugements à l’emporte-pièce. J’ai beaucoup réfléchi, beaucoup pensé, je suis allée à la limite de la torture mentale, mais finalement je n’ai rien à restituer. Rien qui aurait un intérêt sur ce blog. Rien qui prendrait moins de 10 pages, et rien que quiconque aurait le courage de lire en entier. Alors si vous voulez savoir de quoi il s’agit, informez-vous. Ce sera encore le meilleur moyen de vous faire votre propre opinion sur le sujet. Mais de grâce, si vous le faites, ne le faites pas à moitié.

En ce qui me concerne, je vais me contenter de causer littérature. Littérature contemporaine étrangère, chilienne plus précisément.

Sepulveda - L'ombre de ce que nous avons été

Je n’ai pas lu tout Sepulveda. Je n’ai lu que son premier roman, Le vieux qui lisait des romans d’amour. Et peut-être aussi son roman le plus connu, Histoire d’une mouette et du chat qui lui apprit à voler, mais je n’en suis plus très sûre. Et puis je viens de lire son dernier-né. L’ombre de ce que nous avons été. Un roman court et doux, pluvieux et mélancolique. Si ce roman était un être humain, ce serait un vieux monsieur assis, qui regarde le monde se (dé)construire chaque jour un peu plus sans lui, sans jamais se départir d’un petit sourire nostalgique, comme perdu dans des souvenirs d’une vie lointaine et révolue. La mémoire et le poids de l’Histoire sont au centre du roman, dont on ne peut sans doute réellement saisir le sens qu’en étant parfaitement au fait de l’histoire du Chili de ces 50 dernières années. (Ce n’est pas mon cas.) Sepulveda brosse avec douceur les portraits de ces anciens militants communistes qui ont vu leurs idéologies s’effondrer, qui pour certains ont subi l’exil, et qui de retour au pays n’ont plus rien reconnu. L’Histoire par un tout petit bout de lorgnette, l’Histoire avec un grand H et son influence écrasante sur de petites histoires ordinaires d’hommes ordinaires. Ce qui lie les quatre protagonistes, on ne l’apprendra que petit à petit, entre deux digressions sur les poulets (ceux qui se mangent et ceux en uniformes), une scène de ménage dont un tourne-disque et un mystérieux inconnu ne sortiront pas indemnes, des souvenirs décousus, et une pluie battante qui détrempe les rues de Santiago. Au milieu de tout ça, un échange d’e-mails drôle, émouvant, un brin pathétique, ou peut-être burlesque. Sepulveda semble s’amuser à faire jaillir le cocasse et l’inattendu à chaque coin de rue.

L’auteur aime ses personnages, et nous les fait aimer. Le récit résonne de métaphores étranges, d’une écriture poétique et tendre qui ne cache pas plus l’amertume qu’elle n’enjolive le passé. Ces “gueules cassées” de l’histoire, ces vieillards dépassés par leur temps se raccrochent comme ils peuvent à leur existence présente, oscillant entre leurs désirs de fuite et d’affrontement, entre espoir et renoncement, entre la flamme militante toujours vive et le souvenir d’amères désillusions. Le livre n’est pas triste. “J’ai horreur de la mélancolie depuis que j’ai lu la définition de Victor Hugo : La mélancolie c’est le bonheur d’être triste“, déclare l’auteur. Pourtant, la mélancolie n’est jamais bien loin. Elle est simplement zébrée par une multitude de rayons de soleil salvateurs, de grands sourires que déclenchent les événements inattendus et les rebondissements improbables dont Sepulveda a le secret.

Pour aller plus loin : lire la critique de Mélanie Carpentier sur Evene, d’une justesse et d’une concision exemplaires, et pourquoi pas l’interview de Sepulveda.

Il n’existe que des contes de fées sanglants…

Mercredi 18 novembre 2009

… Tout conte de fées est issu des profondeurs du sang et de la peur.
Franz Kafka, cité en introduction du tome 1 d’Eco.

J’essaie de remettre en route ma plume rouillée avec le nouvel album paru dans la collection Métamophose chez Soleil. Il s’agit du premier tome de la série Eco, intitulé La Malédiction des Shacklebott.

Après Billy Brouillard et la mort, voici Eco et… la puberté. Normalement, les enfants des contes, ça ne vieillit pas. Qui irait imaginer Lewis Carroll raconter les premières règles d’Alice, ou Charles Perrault faire grandir son Petit Poucet ? C’est tout simplement contre nature. Guillaume Bianco prend le contrepied de cette règle sacrée et inflige à sa pauvre petite héroïne, Eco, l’épreuve de l’adolescence. Un livre à ne mettre entre les mains des plus jeunes qu’avec précaution. Lire le reste de cet article »

Danorah à la conquête d’Angoulême : suite et fin

Mardi 3 février 2009

Bon, je vais vous la faire courte, parce que j’ai encore une montagne de sommeil à rattraper (et le sommeil, c’est sacré.)

Angoulême vue du haut du labyrinthe en déniveléDonc au lendemain du premier jour, vint le second. Encore un départ dans la nuit froide de cette fin de janvier, encore une arrivée à la gare d’Angoulême, un peu moins fraîche et un peu moin dispose que la veille. Je succombe à la tentation de prendre la navette jusqu’au festival. Je suis pressée, la dédicace de Gipi est à 11h et je ne voudrais la manquer pour rien au monde. Je me précipite donc dans le premier bus qui vient, et qui bien sûr, n’est pas le bon. C’aurait été trop simple. Lire le reste de cet article »

Danorah conquise par Gipi : dimanche 1er février 2009

Dimanche 1 février 2009

(Bon ok, conquise, je l’étais déjà avant. Mais maintenant je le suis encore plus !)

Aujourd’hui, j’ai rencontré Gipi, avec qui j’ai un tout petit peu parlé (j’étais aussi excitée et heureuse que morte de trouille), et qui m’a fait une belle dédicace. Que dis-je, une magnifique, une merveilleuse dédicace. J’en suis encore toute retournée. Lire le reste de cet article »

Danorah à l’assaut d’Angoulême : samedi 31 janvier 2009

Dimanche 1 février 2009

Hop, me voilà de retour dans mon petit chez-moi après une rude journée d’Angoulême-festivalière-débutante.

Je suis partie les mains dans les poches, en ayant simplement pris soin de noter les horaires de dédicaces de quelques uns de mes auteurs préférés, et d’emporter dans mon sac à dos leurs bandes dessinées respectives. Levée aux aurores (en fait même bien avant l’aurore), je pique un petit somme dans le TGV, et c’est fraîche et dispose (ou presque) que je débarque à la gare d’Angoulême, sans savoir où aller, ni comment, mais en comptant fermement sur le dispositif mis en place pour me l’apprendre. Je découvre en effet un chapiteau d’accueil et une navette gratuite conduisant directement au festival, déjà assaillie par une meute de festivaliers flemmards. Renseignements pris auprès d’une gentille organisatrice, je décide de me rendre à pieds sur les lieux et m’élance d’un pas guilleret vers le chemin balisé par moult étendards et panneaux de signalisation (pour se perdre, il faut vraiment le vouloir). Las. Le chemin n’est pas long, mais semé d’embûches ! C’est fou ce qu’il peut y avoir comme rues qui montent à Angoulême. Par contre, la communauté urbaine ne semble pas connaître l’existence des feux pour piétons ; j’ai dû en croiser deux, à tout casser. Lire le reste de cet article »

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